Mille et Un Livres

Voyager en Orient grâce aux livres

26 août 2008

Encore un peu de lecture estivale...

swarupCe billet fait suite à celui de hier dans lequel je vous présentais un livre parfait pour la fin de l'été. Et je me suis dit que j'allais continuer en vous parlant d'un livre que beaucoup de blogueurs lecteurs ont déjà évoqué sur leur blog, un roman indien qui a fait un tabac ici. Je l'ai lu il y a un mois, je l'avais rangé dans la bibliothèque. Il s'agit de : "Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire" de Vikas Swarup.

Ram Mohammad Thomas a dix-huit ans et est serveur. Il participe à l'équivalent indien d'un jeu internationalement célèbre, "Qui veut gagner des millions". Ram veut gagner et il gagne. Mais la production ne l'accepte pas, elle ne veut pas comprendre qu'un pauvre jeune serveur puisse avoir autant de connaissances. Et pourtant, malgré sa vie chahutée, Ram en sait des choses. Chaque chapitre va raconter un bout de sa vie, des anecdotes parfois loufoques. Et chaque épisode de sa vie lui a permis d'emmagasiner un savoir. Ce livre est un hymne à l'école de la vie.

Un véritable petit bijou de bonne humeur.

Publié par Belfond (2006) & 10/18 (2007)

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25 août 2008

Beach Boy / Ardashir Vakil

Beach_BoySi vous avez encore besoin de lecture estivale avant la rentrée, voici un roman tout indiqué : "Beach Boy". Cela fait penser aux vacances, au soleil, à la Californie... Mais là, je divague car il s'agit d'un roman indien et je me demande encore pourquoi il porte ce titre. Peut-être à cause de la proximité de la Mer d'Oman (cela se passe à Mumbai/Bombay).

C'est l'histoire d'un jeune garçon, Cyrus, qui vit à Bombay dans les années 70. Il adore le cinéma, a d'ailleurs testé presque toutes les cinémas de la mégalopole indienne et sèche parfois les cours. Il fréquente une école privée où il ne brille pas par son comportement irréprochable. Il court déjà après les filles (alors qu'il est encore très jeune). Il est le rejeton d'une famille aisée parsie de cinq enfants (la culture parsie est assez secondaire dans un premier temps) et occidentalisée. Chaque parent travaille et vit sa vie. Jusqu'au jour où survient le drame... Fini le temps de l'insouciance ! Les enfants doivent se reserrer autour d'une mère en deuil. Le ton du roman change, il devient plus triste. Cyrus observe différemment ce qui l'entoure. La culture parsie est un peu plus présente et, au milieu de la tristesse,  il y a des moments croustillants comme lorsque Cyrus imagine les paroles échangés par les prêtres parsis qui récitent les prières dans une langue connue d'eux seuls.

On s'attache à ce jeune garçon mais le début du roman a quelques longueurs, notamment lorsque sont retranscrites dans une des langues indiennes des dialogues de film. C'est, pour moi, le point négatif du roman ; ces dialogues dont il faut aller chercher la traduction en bas de page et qui sont superflus car l'ambiance de Bombay est, je trouve, bien retranscrite autrement.

Ce roman est le premier de l'auteur, né en 1962 à Bombay et aujourd'hui installé à Londres.

Publié par Le Cherche Midi (2006)

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24 août 2008

Petite réorganisation du blog

Les 2 articles précédents ont repris par ordre alphabétique auteur tous les ouvrages présentés sur ce blog depuis août 2007. Auparavant, il y a avait dans la colonne de gauche un index reprenant tous les titres présentés. Cet index s'allongeant de plus en plus, la présentation du blog devenait un peu bancale. Par conséquent, j'ai décidé de créer des articles-index : les auteurs de A à K et de L à Z. Ces articles seront mis à jour à chaque nouveau billet et sont accessibles à partir de la colonne de gauche (cf "Pour retrouver tous les livres présentés").

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Auteurs L - Z

Lahiri Jhumpa : Un nom pour un autre

Lancelot Anne : Burqas, foulards et minijupes

Lao She : Messieurs Ma, père et fils

Le Callet Blandine : Une pièce montée

Lee Seung-U : La Vie rêvée des plantes

Levenson Claude B. : La Messagère du Tibet

Maas Sharon : Noces indiennes

Mam Somaly : Le Silence de l'innocence

Manier Bénédicte : Quand les femmes auront disparu

Mann Reva : La Fille du rabbin

Manto Saadat Hasan : Toba Tek Singh

Masioni, Grenier, Ralph : Rwanda 1994

Matsubara Hisako : Ivresse de brocart

Meghani Jhaverchand : Fiançailles

Mehta Rama : A l'ombre du haveli

Mehta Suketu : Bombay maximum city

Mendelsohn Daniel : Les Disparus

Mengestu Dinaw : Les Belles choses que porte le ciel

Minami Q-Ta : Melle Oishi (4 vol.)

Minoui Delphine : Les Pintades à Téhéran

Miura Ayako : Au col du mont Shiokari

Miyamoto Teru : Le Brocart

Mo Yan : Le Maître a de plus en plus d'humour

Mohanraj Mary Anne : Colombo Chicago

Moore Lucy : Maharanis

Murakami Haruki : Le Passage de la nuit

Murata Kiyoko : Le Chaudron

Najjar Alexandre : Le Roman de Beyrouth

Nasreen Taslima : Enfance, au féminin

Nothomb Amélie : Ni d'Eve ni d'Adam

Ondaatje Michael : Le Fantôme d'Anil

Ooka Shôhei : Les Feux

Paasilinna Arto : Petits suicides entre amis

Pirzâd Zoyâ : Comme tous les après-midi

Pirzâd Zoyâ : On s'y fera

Pirzâd Zoyâ : Un jour avant Pâques

Prawer Jhabvala Ruth : Chaleur et poussière

Rahimi Atiq : Les Mille maisons du rêve et de la terreur

Rau Badami Anita : Entends-tu l'oiseau de nuit ?

Riel Jorn : La Maison des célibataires

Roche Corinne : Mazel tov, mister Poullaouec !

Sasô Akira : Fujisan

Satrapi Marjane : Broderies

Semprun Jorge, Wiesel Elie : Se taire est impossible

Sera : L'eau et la terre

Sera : Lendemaines de cendres

Sharma Bulbul : La Colère des aubergines

Sidhwa Bapsi : La Fiancée pakistanaise

Sidhwa Bapsi : Mister Candy

Singh Khushwant : Train pour le Pakistan

Singh Sunny : Sous l'oeil de Krishna

Sobh Alawiya : Maryam ou le passé décomposé

Soltanzadeh Assef : Perdus dans la fuite

Sugihara Yukiko : Visas pour 6000 vies

Sundaresan Indu : La Vingtième épouse

Sundaresan Indu : Le Festin de roses

Swarup Vikas : Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire

Tagore Rabindranath : La Maison et le monde

Tagore Rabindranath : Quatre chapitres

Tajadod Nahal : Passeport à l'iranienne

Takahashi Rumiko : Un bouquet de fleurs rouges

Taniguchi Jirô : La Montagne magique

Taniguchi Jirô : Le Journal de mon père

Taniguchi Jirô, Kusumi Masayuki : Le Gourmet solitaire

Taraghi Goli : Les Trois bonnes

Thompson Carlene : Présumée coupable

Tsuji Hitonari : La Lumière du détroit

Tyrewala Altaf : Aucun dieu en vue

Umezaki Haruo : Illusions

Utami Ayu : Saman

Vakil Ardashir : Beach Boy

Wang Chao : L'Orphelin d'Anyang

Wang Chao : Tibet sans retour

Wang Gang : English

Weihui : Shanghai Baby

Wiesel Elie, Semprun Jorge : Se taire est impossible

Xi Xi : Au fil de la vie

Xinran : Funérailles célestes

Yalda Sara : Regard persan

Yehoshua Avraham B. : Le Responsable des ressources humaines

Yoshida Shuichi : Park life

Yoshimoto Banana : Kitchen

Yoshimura Akira : La Guerre des jours lointains

Yoshinaga Fumi : All my darling daughters

Zariâb Spôpjmaï : Dessine-moi un coq

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Auteurs A - K

Abdourazzoqov Barzou : Huit monologues de femmes

Abirached Zeina : Le Jeu des hirondelles

Ali Gauhar Feryal : Plus de place pour enterrer nos morts

Al-Joundi Darina : Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter

Alsanea Rajaa : Les Filles de Riyad

Amiry Souad : Cappuccino à Ramallah

Anno Moyoco : In the clothes named fat

Bajwa Rupa : Le Vendeur de saris

Banerjee Sarnath : Calcutta

Basheer Vaikom Muhammad : Grand-père avait un éléphant

Bassano di Tufillo Simona, Mujahed Jamila : Burqa !

Berinstain Valérie : L'Inde impériale des Grands Moghols

Bey Maïssa : Au commencement était la mer

Bey Maïssa : Bleu blanc vert

Bhutto Benazir : Fille de l'Orient

Brunel Marie-José, Olliéric Dorothée : S'immoler à 20 ans

Butalia Urvashi : Les Voix de la Partition

Castel-Bloom Orly : Textile

Castel-Bloom Orly : Les Parcelles humaines

Cetin Fethiye : Le Livre de ma grand-mère

Chatterjee Sarat Chandra : La Femme mariée

Chaudhuri Amit : Râga d'après-midi

Chaudhuri Amit : Un nouveau monde

Chidiac May : Le Ciel m’attendra

Choden Kunzang : Le Cercle du karma

Confiant Raphaël : La Panse du chacal

Darwich Mahmoud : Une mémoire pour l'oubli

Daswani Kavita : Mariage à l'indienne

Daussy Ida : Ida au pays du Matin Calme

Dawesar Abha : Babyji

Desai Kiran : La Perte en héritage

Deshpande Shashi : La Nuit retient ses fantômes

Divakaruni Chitra Banerjee : La Liane du désir

Divakaruni Chitra Banerjee : Ma soeur, mon amour

Doron Lizzie : Pourquoi n'es-tu pas venue avant la guerre ? 

Ebadi Shirin : Iranienne et libre

Falise Thierry : Aung San Suu Kyi

Faqir Fadia : Mon nom est Salma

Fournel Paul : Poils de Cairote

Frank Rina : Chaque maison a besoin d'un balcon

Furuya Usumaru : Le Cercle du suicide 

Genyû Sôkyû : Au-delà des terres infinies

Godard Jocelyne : Au bout de l'éventail

Le Goût de l'Afghanistan

Guo Songfen : Récit de lune

Guo Xiaolu : Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants

Ha Jin : La Mare

Haag Pascale, Ripert Blandine : L'Inde

Hachtroudi Fariba : J'ai épousé Johnny à Notre-Dame-de-Sion

Haddon Mark : Une situation légèrement délicate

Hamid Mohsin : L'Intégriste malgré lui

Han Shaogong : Pa Pa Pa

Hanawa Kazuichi : Dans la prison

Hara Tamiki : Hiroshima,les fleurs d'été

Henry Gérard : Chroniques hongkongaises

Horn Shifra : Ode à la joie

Hosseini Khaled : Les Cerfs-volants de Kaboul

Hosseini Khaled : Mille soleils splendides

Hwang Sok-Yong : Monsieur Han

Inoue Yasushi : Histoire de ma mère

Ishikawa Saburô : Aya, conseillère culinaire

Itoyama Akiko : Le Jour de la Gratitude au Travail

Joris Lieve : Les Portes de Damas

Jung Kyung-a : Femmes de réconfort

Kakuta Mitsuyo : Celle de l'autre rive

Keret Edgar : Crise d'asthme

Khadra Yasmina : Les Hirondelles de Kaboul

Khan Uzma Aslam : transgression

Khedairi Betool : Un ciel si proche

Khoury-Ghata Venus : Sept pierres pour la femme adultère

Kim Dong Hwa : La Bicyclette rouge.1 : Yahwari

Kim Dong Hwa : La Bicyclette rouge (2 & 3)

Kim Dong Hwa : Les Nourritures de l'âme

Kim Sathavy : Jeunesse brisée

Kinsella Sophie : L'Accro du shopping attend un bébé

Kinsella Sophie : Les Petits secrets d'Emma

Kinsella Sophie : Samantha, bonne à rien faire

Kipling Rudyard : Une vie gaspillée

Kirino Natsuo : Monstrueux

Kitano Takeshi : La Vie en gris et rose

Kono Taeko : Une voix soudaine

Kouno Fumiyo : Le Pays des cerisiers

Kuroyanagi Tesuko : Totto-chan : la petite fille à la fenêtre

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23 août 2008

Un jour avant Pâques / Zoyâ Pirzâd

Zoya_PirzadLe troisième livre (traduit en français) de Zoyâ Pirzâd est sorti cette semaine. Je l’ai lu le jour même de l’achat. C’est pour vous dire à quel point je l'attendais. Mais développons un peu…

Ce court roman (130 p.) se divise en trois chapitres qui correspondent à trois moments de la vie du personnage principal, Edmond. Edmond est un Iranien d’origine arménienne et dès le début du roman, on plonge dans l’ambiance de cette communauté. Edmond vit dans une petite ville sur les bords de la Mer Caspienne, une ville où cohabitent Arméniens et Musulmans. La maison familiale est proche de l’église et de l’école arméniennes. On sent comme une ambiance de village. C’est la vie quotidienne qui est relatée : les cours, le coiffeur, les relations avec les Musulmans… Edmond a pour meilleure amie, Tahereh, la fille du concierge musulman de l’école. C’était le temps de l’enfance. Dans le second chapitre, Edmond est adulte, marié et près d’une jeune fille qui souhaite se marier. Mais voilà, la jeune fille veut épouser un non-Arménien. Que vont penser les gens et surtout la grand-mère ? Enfin, dans un troisième temps, on retrouve un Edmond vieillissant et seul, terriblement seul et enfermé dans sa douleur. Ce qui apparaît dans ce roman est la place des Arméniens en Iran et surtout leurs relations avec la majorité musulmane. Ces relations sont représentées par l'amitié entre Edmond et Tahereh et par l'amour d'Alenouche, la fille d'Edmond, pour Behzad. Mais ces relations harmonieuses ont parfois des conséquences douloureuses, que la douleur et la solitude d'Edmond illustrent dans la dernière partie du roman.

Trois livres publiés en français, trois livres lus ("Comme tous les après-midi", "On s'y fera", "Trois jours avant Pâques"). Cela me permet aujourd’hui de faire une comparaison (mais ce n’est pas non plus une étude littéraire !) entre les trois. Dans le premier, Comme tous les après-midi, étaient racontées des histoires de femmes, des histoires de la vie quotidienne. La place que Zoyâ Pirzâd donne aux femmes dans ses livres est importante. Dans les deux premiers livres, les femmes étaient les personnages principaux. Dans « Un jour avant Pâques », Edmond est le seul personnage masculin d’importance. Dans le cercle gravitant autour de lui, il n’y a que des femmes : sa mère, sa meilleure amie, sa femme, sa fille, sa collègue. Il y a bien des personnages masculins mais ils font partie d'un second cercle plus distant. Dans On s’y fera, l’auteur parlait des coutumes iraniennes en mettant en avant la fête du Nouvel An, Norouz. Ici, la fête mise en avant est Pâques et comme dans le précédent roman, elle décrit tous les coutumes liées à cette fête. Ce dernier roman diffère sur un point : la mise en avant de sa communauté. Comme Edmond, Zoyâ Pirzâd appartient à la communauté arménienne. C’est un élément qui, à mon souvenir, n’apparaissait pas dans ses deux premiers livres.

Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à découvrir le recueil de nouvelles et les deux romans de Zoyâ Pirzâd. "Un jour avant Pâques" est mon préféré. Ce fut un bon moment de lecture.

Pour compléter mon billet : les avis de Clarabel et Shyankar.

Publié par Zulma (2008)

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19 août 2008

Les Portes de Damas / Lieve Joris

Les_portes_de_damasAu lendemain de la première guerre du Golfe, Lieve Joris, écrivain belge, part en Syrie. Elle s’installe chez Hala, une amie syrienne qu’elle a rencontrée à Bagdad une dizaine d’années auparavant. Hala, intellectuelle, professeur, était alors une jeune mariée. Mais son bonheur fut de courte durée. Quelques mois après la naissance d’Asma, la fillette du couple, Ahmed, le mari d’Hala est arrêté et emprisonné pour des motifs politiques. Onze ans après les faits, au moment du séjour de Lieve Joris, Ahmed est toujours en prison. Et Hala a dû organiser sa vie en tenant compte de la séparation.

Lieve va se rendre compte par elle-même de l’étau dans lequel sont tenus les Syriens (à l’époque d’Hafez el-Assad ; même si le régime syrien est toujours une dictature, je n’ai pas assez de connaissance pour affirmer si les Syriens ont plus ou moins de libertés individuelles depuis le passage du pouvoir au fils el-Hassad). Hala évoque la difficulté d’être femme de prisonnier politique, à cause de la suspicion mais aussi (et c’est peut-être le plus important) à cause de l’absence de vie de couple et de famille. Et on la sent parfois au fil du récit se détacher de la situation de son mari, d’essayer d’avoir une vie la plus normale possible pour sa fille Asma ; ce qui n’est pas évident lorsqu’on a été obligé de retourner vivre chez sa mère.

Avec Hala mais aussi avec d’autres Syriens, notamment des chrétiens, Lieve part en excursion en dehors de Damas pour mieux s'imprégner du pays et de son ambiance. Lieve discute beaucoup de politique, du poids de la communauté alaouite (minoritaire mais détentrice du pouvoir). Lieve se rend alors compte que, même si elle soutient Hala et d’autres dans leur opposition au pouvoir en place, elle n’est pas d’accord avec leurs propres façons de voir l'exercice politique.

C’est le premier livre que je lis sur la Syrie, un pays que je ne connais que par l’intermédiaire des médias. Ce fut donc une lecture intéressante.

Publié par Babel (2001)

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17 août 2008

Etre une femme au Japon

Je ne vais pas vous parler d'un essai sociologique sur la situation de la femme au Pays du Soleil Levant mais d'un manga, "Melle Oishi" de Q-Ta Minami.

Melle Oishi, Kon de son prénom (cela ne s'invente pas ! A noter que la prononciation correspond à celle de l'adjectif français au féminin), est une jeune femme de 28 ans (du moins, dans le premier tome) qui a quelques difficultés à se construire une vie amoureuse stable et tranquille. Elle adore la couture et elle va faire de sa passion son métier.

Son premier copain avec lequel nous faisons connaissance, Henmi, est, comment dirais-je, à fuir. Lorsqu'ils se rencontrent, tout va bien dans le meilleur des mondes. Ils décident de vivre ensemble. Henmi demande à Kon d'arrêter de travailler. Elle ne l'écoute pas, bien lui en a pris car Henmi se retrouve bientôt au chômage et révèle alors une toute autre facette : endetté, divorcé mais il n'a pas vraiment fait le deuil de son premier mariage... Kon joue les infirmières et l'histoire se termine par un clash.

Kon fait ensuite la connaissance de l'ami d'un ami. Une belle histoire se profile jusqu'au drame. Kon va devoir faire le deuil de cette histoire et continuer à avancer dans la vie. A 32 ans, elle rencontre un homme qui gravite dans un milieu professionnel artistique. Ils commencent leur histoire lorsqu'une grossesse imprévue va les obliger à accéler les choses du côté de leur vie de couple.

C'est un manga très sympathique. C'est de la chick Lit version manga. On passe un très bon moment. La série ne compte que quatre tomes. C'est dommage car j'aurais bien aimé pouvoir suivre l'héroïne dans sa vie de couple et de mère.

Publié par Casterman (2006 & 2007)

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16 août 2008

Toba Tek Singh / Saadat Hasan Manto

Toba_Tek_SinghJe lis beaucoup mais je manque souvent de temps pour écrire les billets. Par conséquent, je ne fais pas d'article pour chaque livre lu et lorsque j'en fais un, cela peut être longtemps après avoir refermé le livre. Et c'est le cas pour ce recueil de nouvelles du Pakistanais Saadat Hasan Manto : j'ai refermé le livre il y a déjà trois bonnes semaines.

Avant de parler de son recueil de nouvelles, je vais présenter l’auteur, car la vie de l’auteur a influencé son œuvre. Saadat Hasan Manto a eut une vie à l’image des soubresauts de l’histoire qu’a connu cette région dans la première moitié du 20ème siècle. Il naît en 1912 dans une localité du Pendjab qui restera indienne en 1947. Il passe son enfance à Amritsar, toujours au Pendjab. Sa famille est plutôt aisée et cultivée : son père a une solide culture ourdou et arabo-persane qu’il transmet à son fils. Mais Saadad Hasan Manto a sans doute aussi hérité de la culture arabo-persane de sa mère, dont la famille était originaire de Kaboul. Du côté paternel, on revendique des origines cachemiries (une petite anecdote : l’Inde a aussi connu un autre cachemiri ourdouphone très célèbre, il s’agit de Nehru). Jeune adulte, il sera initié aux littératures française et russe ; il est d’ailleurs le traducteur en ourdou de « Les Derniers jours d’un condamné à mort » de Victor Hugo (traduction effectuée à partir de l’anglais). Saadat Hasan Manto n’a jamais eu un emploi stable de toute sa vie. Il a été journaliste, novelliste et scénariste. En 1947, survient la Partition qui sépare le Sous-continent indien en deux nations : l’Inde et le Pakistan. Manto étant musulman, il part pour le Pakistan où sa femme et le reste de la famille l’ont déjà précédé. Il s’installe à Lahore (Pendjab pakistanais) mais Manto ne pourra jamais y être scénariste, il survivra en écrivant des nouvelles. Son installation au Pakistan a marqué le début de la fin. Manto a sombré dans l’alcoolisme et il meurt prématurément à l’aube de ses 43 ans en janvier 1955. Né dans les Indes britanniques, il est mort Pakistanais.

Son vécu, les évènements historiques et tragiques dont il a été le témoin ont marqués son œuvre. Dans le recueil « Toba Tek Singh », les histoires évoquent les massacres perpétrés par l’armée coloniale (dont Manto a été le jeune témoin à Amritsar, la ville de son enfance) mais le grand sujet est la Partition. Dans la majorité de ses nouvelles, Manto évoque les relations entre les différentes communautés religieuses dans le Raj des années 40 et au moment de la Partition. Cette partition s’est accompagnée de massacres que Manto relate avec force et réalisme. L’auteur n’a aucun parti pris. Il relate ces évènements dont il a été le témoin mais aussi la victime puisqu’il a dû quitter la ville où il avait construit sa vie pour l’inconnu. Le recueil doit son nom à une nouvelle éponyme. Dans cette nouvelle, les autorités des deux nouveaux pays décident d’échanger leurs fous restés du mauvais côté de la frontière au moment de la Partition. C’est sans doute une façon de dire que le monde était devenu fou.

Donc, ce recueil est excellent, par l’écriture, par les thèmes abordés. Saadat Hasan Manto est aujourd’hui l’auteur ourdouphone le plus lu des deux côtés de la frontière indo-pakistanaise. Il réussit à rassembler deux pays (Bollywood y arrive aussi très bien) qui n’arrivent pas à s’accorder côté diplomatique.

Précision : Le recueil de Saadat Hasan Manto est directement traduit de l'Ourdou, ce qui est peu courant. L'Ourdou, qui s'appelait aussi Hindoustani avant 1947, est une langue très proche de l'Hindi (en général, les Ourdouphones peuvent comprendre l'Hindi et vice-versa) et est généralement considérée comme la langue des musulmans du Nord du Sous-Continent indien. Cette langue est langue nationale et officielle du Pakistan. L'Ourdou est toujours parlé en Inde mais n'a pas le statut de langue officielle de l'Union Indienne. Par contre, cette langue est langue officielle dans quatre Etats du pays : Andhra Pradesh, Delhi, Jammu-et-Cachemire, Uttar Pradesh.

Publié par Buchet Chastel (2008)

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15 août 2008

Petit changement

Il y a quelques jours, mon blog a fêté son premier anniversaire. Et j'ai décidé de changer son petit nom. Il y a un an, je n'avais pas trop d'idées. Cette fois, j'ai trouvé un peu plus original (sic !) : "Notes de lecture" devient "Mille et Un Livres". C'est une référence aux "Mille et Une Nuits".

P.S. : L'adresse URL n'est pas modifiée.

Posté par Naina94 à 15:48 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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